La conformité aux lignes directrices à l’intention des médias sur les reportages sécuritaires relatifs au suicide peut diminuer le nombre de décès par suicide de 40 % par année.

(Source : Association des psychiatres du Canada)

Quels sont les effets d’une exposition au suicide?

On parle d’« effets d’une exposition au suicide » lorsque l’exposition aux détails d’un décès par suicide provoque des pensées et un comportement suicidaires chez d’autres personnes. Par exemple, lorsque des célébrités bien connues sont décédées par suicide, on a remarqué une hausse notoire du nombre de décès par suicide dans les mois qui ont suivi. Le même phénomène peut se produire parmi la population comme dans les écoles ou les milieux de travail.

Vous connaissez peut-être l’expression « incitation au suicide ». Nous préférons l’expression « effets d’une exposition au suicide » parce que le mot « incitation » contribue à la stigmatisation.

Parler ouvertement du suicide n’entraîne aucun effet d’exposition. Il est important de discuter du suicide afin que les gens se sentent à l’aise de demander de l’aide. Une exposition au suicide peut avoir des conséquences lorsqu’un trop grand nombre de détails sont publiés à grande échelle sur un tel décès. Les médias ne constituent pas la seule source d’exposition aux détails préjudiciables d’un suicide, mais en tant que professionnel des médias, vous pouvez améliorer la situation en suivant les recommandations et conseils suivants.

Reportage sur le suicide : ce qu’il est utile de faire

  • Employer un langage sécuritaire

    N’utilisez pas de mots comme « commettre », « raté », « réussi » ou « accompli ». Tous ces mots associent le suicide à une infraction, à une compétition ou à une réalisation. Utilisez plutôt des expressions comme « décédé.e par suicide » et un langage qui place la personne au premier plan comme « une personne qui est décédée par suicide ». Évitez de parler d’« épidémies » de suicides et de dire que les suicides surviennent de façon « imprévisible ». On peut sauver des vies en rappelant aux gens que le suicide est évitable et en employant un langage porteur d’espoir. Pour en savoir plus à propos du langage sécuritaire à employer, consultez notre page sur le langage sécuritaire entourant le suicide.

    Suicide safe language
  • Ajoutez des témoignages et des messages de soutien

    Songez à équilibrer les nouvelles d’un décès par suicide à l’aide de messages de soutien tels que les suivants :

    • Des services de soutien sont offerts – vous pouvez obtenir de l’aide sans jugement (vous pouvez ajouter les détails concernant la ligne d’assistance ici)
    • Vous comptez beaucoup et vous méritez qu’on vous vienne en aide
    • Vous n’êtes pas seul.e

    Songez également à raconter l’expérience de personnes qui ont pu obtenir de l’aide et s’en sortir. Vous pouvez aider les lecteurs ou les spectateurs qui luttent avec des pensées suicidaires en faisant un reportage sur des personnes qui ont vécu ce genre d’expérience. Ce phénomène est connu sous le nom d’effet Papageno.

  • Faire preuve d’inclusivité

    Le suicide n’est pas la conséquence d’une seule cause – il survient habituellement en raison d’une gamme complexe de facteurs. Certaines populations connaissent des taux de suicide plus élevés que les autres, mais ce qui est important, c’est de comprendre les nuances qui existent entre ces situations et d’éviter de présumer que certaines personnes sont « à risque » parce qu’elles font partie d’un groupe ou d’une communauté en particulier. Attirez l’attention sur des problèmes sociaux susceptibles d’avoir contribué au suicide sans donner l’impression qu’ils sont inévitables. Dans la mesure du possible, consultez des membres de la communauté touchée pour découvrir comment annoncer la nouvelle de la manière qui fera le moins de tort aux autres membres de leur communauté, et évitez de décrire les membres d’une communauté ou d’un groupe comme des « victimes ».

  • Expliquer aux gens où ils peuvent obtenir de l’aide

    Le plus important, c’est de vous assurer de dire aux gens où ils peuvent obtenir de l’aide, à la fin de votre article. Nous sommes toujours reconnaissants envers les médias lorsqu’ils mentionnent notre nom, notre numéro de téléphone et notre numéro de textos à la fin d’un article.

Reportage sur le suicide : ce qu’il est utile de faire et ce qu’il faut éviter de faire

  • Ne faites pas de sensationnalisme au sujet du suicide.

    Ne décrivez pas un suicide d’une manière qui le glorifie ou qui le rend intéressant pour d’autres. Utilisez toujours un ton factuel et neutre.

  • Ne décrivez pas la méthode employée

    Ne communiquez pas les détails sur la façon dont la personne s’est enlevée la vie ou a tenté de le faire. Tout particulièrement, évitez de préciser la méthode, si elle est inhabituelle. Les détails d’un décès par suicide peuvent inciter une personne vulnérable et en difficulté à s’identifier à la personne qui s’est enlevé la vie et à imiter son geste. Si la personne décédée a laissé une note, n’entrez pas dans les détails à ce sujet et ne dites pas qu’il s’agit d’une « lettre de suicide ».

  • Ne mentionnez pas le lieu du suicide

    Dévoiler aux gens le lieu d’un suicide pourrait inciter certaines personnes à s’y rendre et à faire de même. Pour aider à prévenir d’autres décès par suicide dans un lieu donné, mieux vaut s’abstenir de fournir des précisions à cet égard.

  • N’établissez aucun lien avec un contenu susceptible de nuire aux lecteurs

    Ne renvoyez pas les lecteurs à des reportages précédents sur le suicide à la fin d’un article ou dans un encadré. Ne faites aucun renvoi à des fils de discussion médiatiques, à moins qu’ils offrent du soutien. Plus particulièrement, ne faites aucun renvoi à des mots-clics, à des billets de blogue populaires ou à des images ou des vidéos virales liées au suicide, car cela pourrait provoquer les effets d’une exposition au suicide décrits ci-dessus. En omettant de vos communications tout contenu susceptible de causer du tort, vous contribuez à maintenir vos lecteurs et spectateurs en sécurité.

Autres outils et ressources à l’intention des professionnels des médias

Lignes directrices sur les reportages liés au suicide dans les médias

Lignes directrices de l’Association des psychiatres du Canada.

En savoir plus

Reportages sur le suicide

Conseils détaillés, publiés aux États-Unis et approuvés par l’American Association for Suicidology, la National Suicide Prevention Lifeline et le Trevor Project.

En savoir plus (en anglais)

Lignes directrices des responsables de la ligne d’assistance Samaritans à l’intention des médias

Lignes directrices détaillées portant sur un éventail de sujets liés au suicide et publiées par les responsables de la ligne d’assistance Samaritans du Royaume-Uni.

En savoir plus (en anglais)

Effets de l’exposition au suicide et épidémies de suicides

Renseignements supplémentaires portant sur l’incitation au suicide et publiés par le Centre for Suicide Prevention.

En savoir plus (en anglais)

De l'aide quand vous en avez besoin

Le suicide, on peut en parler, et il est important de le faire.